Newsletter mars 2026

Bienvenue dans notre première newsletter de l’année 2026, avec notre toute nouvelle identité visuelle ! Bonne lecture.

Prendre de la hauteur pour déployer la vision d’ACAY

Ce temps de travail a été consacré à la finalisation des grandes orientations stratégiques d’ACAY aux Philippines. Trois axes majeurs se sont imposés, révélant l’ADN de notre mission :

  • Être une voix pour les 16-21 ans, cœur de métier d’ACAY, afin de répondre aux défis spécifiques de cette tranche d’âge et de Former les voix des 16-21 ans, pour que nos jeunes continuent d’être des témoins et des ambassadeurs d’une espérance nouvelle, porteurs de l’héritage d’ACAY auprès d’autres jeunes. Vous le lirez dans cette newsletter nos jeunes aux Philippines donnent leur voix auprès de représentants de l’ONU, en Nouvelle-Zélande ou à Marseille dans les stages à la parentalité.
  • Se positionner comme incubateur d’innovations sociales et lieu ressource pour les métiers de l’accompagnement psycho-social, par la construction d’un « Innovation Hub » qui capitalisera la riche connaissance acquise au fil des années. Ce Hub permettra de formaliser nos initiatives innovantes afin qu’elles soient prêtes pour la transmission et l’essaimage et pour impacter l’écosystème touchant la vie des jeunes. Nos équipes sont en formations constantes, ce lieu l’ouvrira à « la multitude ».
  • Développer des mécanismes de pérennité pour le financement des innovations sociales.

A Marseille, en 2026, les voix des jeunes ambassadeurs continueront également de se faire entendre à travers le spectacle « Rassemble », un album de rap, la réalisation de podcasts et des interventions lors de stage à la parentalité au Tribunal. Enfin, un projet pilote se met en place avec les jeunes accompagnés par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Inspirer les jeunes, mais également leur écosystème, ouvrir la voie à une alternative à la délinquance. Un autre chemin est possible.

Dans cette dynamique, nous sommes heureux d’annoncer que le livre « Pour vous et pour la Multitude » est désormais écrit, en français et en anglais. Nous attendons avec espérance le retour de la maison d’édition intéressée par ce livre consacré à la méthode et au Parcours Metamorpho.sYs.

Ce plan stratégique insuffle un véritable enthousiasme à toutes nos équipes et nourrit aussi une profonde gratitude envers vous qui cheminez à nos côtés. Puissions-nous continuer ensemble à faire rayonner et inspirer l’élan d’ACAY.

Sœur Sophie de Jésus

Article 1 : Les jeunes d’ACAY font entendre
leur voix à l’ONU ! Campagne « PROVE IT MATTERS »

Une journée véritablement inspirante s’est déroulée à l’École de Vie où les jeunes d’ACAY ont accueilli avec joie Madame Ariane Lignier, représentante spéciale des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés.

Cette visite s’inscrivait dans le cadre de la campagne « Prove It Matters », une initiative menée par l’ONU qui offre aux jeunes une plateforme pour s’adresser directement aux dirigeants mondiaux au nom de tous ceux qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes. Grâce à cette campagne, les jeunes d’ACAY ont donc peaufiné leur message afin de devenir une voix qui porte.

« Chers dirigeants du monde, nous, les enfants qui avons souffert, avons besoin de foyers et de refuges qui offrent plus que des besoins primaires. Nous avons besoin d’endroits sûrs, qui nous apportent une sécurité émotionnelle et proposent de vrais programmes pédagogiques pour nous aider à guérir, grandir, apprendre et nous préparer à nous intégrer dans le monde.  »

«  L’impunité et la lenteur de l’application des lois laissent les enfants souffrir tandis que les auteurs se sentent en sécurité. Nous vous exhortons, dirigeants du monde, à faire appliquer strictement les lois protégeant les enfants. Les responsables doivent faire face à leurs responsabilités pour que nous puissions vivre sans peur. »

les enfants sont traités comme des biens, et donnés à d’autres familles comme s’ils n’avaient pas d’importance.

«  Aux Philippines, les enfants sont traités comme des biens, et donnés à d’autres familles comme s’ils n’avaient pas d’importance. Ici, les enfants subissent dans leurs familles des violences corporelles qui laissent des traumatismes profonds et durables. Prouvez-nous que nous comptons. Défendez nos droits. Que personne n’ait le droit de nous faire du mal. »

« Dirigeants du monde, créez des programmes obligatoires où les jeunes, en particulier les hommes, apprennent la responsabilité sexuelle, le respect et l’égalité afin que les abus cessent et que chacun partage la responsabilité d’un avenir meilleur. »

«  Les jeunes auteurs de crimes sont souvent maltraités dès leur arrestation, même lorsqu’il n’est pas certain qu’ils aient commis une infraction. Nous voulons bénéficier des mêmes droits et voir notre dignité respectée. »

Impressionnée par la profondeur des réflexions, Mme Ariane déclara : « Je suis allée dans de nombreux centres, mais j’entendais toujours la même chose. C’est la première fois que j’entends des jeunes non seulement identifier les problèmes mais aussi proposer des solutions concrètes.» Elle s’est engagée à transmettre les messages et les mettre en valeur ainsi que les colombes en origami créées par les jeunes filles.

Article de Sœur Laetitia, ACAY Philippines

Article 2 : Quand la Justice, l’Education Nationale et
les associations se mettent autour de la table

Les jeunes d’ACAY au cœur des stages parentalité

On le sait tous, l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans, mais que se passe-t-il lorsqu’un enfant n’y va plus ?

Un dispositif a été mis en place par la justice : les stages de parentalité proposés comme alternative à l’amende pour les parents dont les enfants accumulent de nombreuses absences scolaires.

« Le stage de responsabilité parentale a pour objet de rappeler aux parents les obligations juridiques, économiques, sociales et morales qu’implique l’éducation d’un enfant. Ce stage s’inscrit dans une dynamique collective.» (Source : Citoyens & Justice*).

En France, 76 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire (INSEE, 2023).

En janvier, Ines et Ange (jeune accompagné par ACAY et aujourd’hui étudiant en BTS commerce) ont participé à l’un de ces stages. Il s’agissait de la troisième intervention d’ACAY. L’association est désormais mobilisée à chaque session. Cela permet d’apporter un regard concret, au plus proche du vécu des jeunes décrocheurs et de leurs familles.

Le stage a commencé par un temps collectif au tribunal pour enfants de Marseille, en présence de plusieurs acteurs : la justice, l’Éducation nationale, la protection judiciaire de la jeunesse, des services sociaux… et ACAY.

Il y a d’abord eu un rappel à la loi par la substitut du procureur : ce que dit la loi, ce que risquent les parents, mais aussi pourquoi l’école est si importante pour le développement des enfants. Puis une courte vidéo a été diffusée. Avec un message simple, mais percutant : « Si votre enfant n’est pas à l’école, où est-il ? Que fait-il ? Et avec qui ? »

La substitut a ensuite complété ce rappel avec des réalités concrètes : le narcotrafic, les réseaux sociaux, la prostitution, les dangers d’un enfant livré à lui-même.

« La Justice, l’Éducation nationale, l’ADDAP13 et ACAY travaillent autour de la même table avec un objectif commun. Il y a une vraie alliance, ce sont des grandes institutions qui ne travaillent pas toujours ensemble, et là, elles sont toutes là dans le même but. C’est puissant. »

Ines, responsable des programmes ACAY France

C’était ensuite le moment pour ACAY d’intervenir, avec le témoignage d’Ange. Il a raconté son parcours scolaire difficile mais aussi ce qui l’a aidé à s’en sortir :

« L’école m’a sauvé. »

Après le temps collectif, chaque famille est reçue individuellement afin d’échanger et de fixer des objectifs pour les parents. Nous y croyons, il suffit parfois d’un témoignage, d’une phrase, d’un déclic pour qu’une trajectoire de vie change.

« J’ai ressenti beaucoup de fierté et de joie en témoignant face à ce large public, que je ne suis pas habitué à côtoyer. Je pense que je suis un bon exemple scolairement, parce que j’ai eu de l’absentéisme dans mon parcours. Je pense que mon témoignage a vraiment servi, a impacté tout le monde, y compris les parents. » Ange, ambassadeur d’ACAY

Article de Emma Delanoë, chargée de prévention, ACAY France

Article 3 : Après trois ans, ACAY retrouve les jeunes
d’un centre de détention partenaire

Après trois longues années d’attente, d’espoir et de patience, ACAY a enfin pu retourner dans un des centres de détention pour les mineurs afin d’y poursuivre un partenariat de deux décennies interrompue par la pandémie.

La relance de toutes les procédures administratives a pris du temps, entre les signatures des institutions et les dossiers à n’en plus finir. Pour toute notre équipe, revenir dans ce lieu fut un retour à la maison. Les équipes locales ont vu grand pour signifier ce moment : l’adjoint à la jeunesse de la municipalité de Quezon City, des travailleurs sociaux, le Directeur du Centre, ainsi que notre partenaire de longue date, le Rotary Club de Belmonte, étaient présents.

Les ambassadeurs (anciens jeunes d’ACAY) ont ouvert ce moment en donnant leurs témoignages : des secondes chances devenues victoires sur le passé.

« ACAY a été un tournant dans ma vie, pour la première fois, j’ai été accompagné dans la découverte de moi-même, de mes forces et de mes faiblesses. J’étais impulsif et colérique. Aujourd’hui, je sais comment me maîtriser et assurer des responsabilités dans mon travail. »

En écoutant les témoignages d’Arjay, de Louie et de Rainier, passer des gangs à une vie de famille paisible et de jeune entrepreneur, passer de l’absence de direction vers un devenir professionnel, on pouvait sentir les jeunes en détention se projeter, imaginant qu’un jour, ce serait à leur tour de partager leur propre histoire.

Leurs parcours de transformation étaient bruts, exigeants, sincères et profondément inspirants. Pendant qu’ils parlaient, il était palpable de voir l’aube d’un nouvel espoir dans les yeux captivés des jeunes, l’espoir apparaissant doucement dans leurs sourire, et la prise de conscience silencieuse que le changement est réellement possible. L’adjoint à la jeunesse de la municipalité de Quezon City s’est approché de Sr Édith et lui a glissé : « En écoutant votre présentation et les témoignages des jeunes, je pense que nous nous sommes trompés d’approche. Nous avons offert des formations mais nous avons oublié votre approche pédagogique : tout changement commence de l’intérieur. »

Ancré dans deux décennies de collaboration, ce retour dans les murs de ce centre de détention ravive cette certitude que chaque jeune, même derrière les barreaux, porte en lui une lumière capable de transformer son histoire.

C’est reparti !

Article de Luke Furman, chargé des interventions en détention, ACAY Philippines

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