Gardons le cap de l’Espérance!

En ces temps de confinement, des nouvelles de la mission ACAY Philippines, par Sœur Sophie, sa fondatrice.

Depuis presque quinze jours, comme chacun d’entre vous, nous sommes ici confinées à Manille, aux Philippines. Shabbat du monde et du cœur, oui mais la vie courante au sein d’ACAY ne manquera jamais ni de piment ni de piquant, y compris en temps de confinement. 

Chaque jour entraîne un nouveau plan B. Les plans A sont systématiquement modifiés. Pallier les changements, les absences des uns et des autres, garder le moral pour les jeunes, éviter qu’une atmosphère anxiogène se crée… A l’absence des moteurs de scooters, s’est joint le silence des travailleurs, et curieusement aussi des télévisions, des karaokés et des radios. Manille est dans un silence surprenant.

J’ai pour ma part choisi de m’installer autant que possible à l’École de Vie pour être auprès des jeunes filles. Les sœurs nous rejoignent tous les jours. Sr Rachel est coincée en Nouvelle Zélande, mais heureusement elle est dans sa famille. Le programme Seconde Chance est en suspens.  Les équipes travaillent depuis chez elles. Une petite équipe de salariées de l’École de Vie et du programme Seconde Chance s’est généreusement engagée à être présente autant que possible à l’Ecole de Vie avec nous, véhiculée grâce à notre van. Tout ceci afin que le quotidien des jeunes filles soit presque normal. 

Car la vie doit continuer, tentant d’embrasser ce contexte si particulier. L’espace que nous offre l’École de Vie aujourd’hui adoucit immensément le confinement de ces jours et permet à chacune d’être occupée toute la journée ! Encore un immense merci à l’égard de tous les donateurs qui nous ont permis d’acquérir cette maison de l’École de Vie ! Son espace facilite notre tâche éducative. Les jeunes passent une partie de leur temps à étudier en ligne. Une fois terminé, elles participent aux activités de formations ACAY (par skype pour certaines !), de grand ménage de printemps, jardinage, tri de vêtements, de couture de masques pour les donner dans les hôpitaux, la composition d’un chant d’espérance à transmettre dès que possible sur les ondes…

Cependant, derrière les sourires au sein de nos murs, et les efforts journaliers de chacun d’entre nous, gronde à l’extérieur une angoisse et une colère grandissante des petites gens qui vivent au jour le jour. Absence de travail signifie absence de revenus. Aucune allocation chômage n’existe ici. Les dons de nourriture du gouvernement sont dérisoires, vu le nombre de personnes à nourrir. Mon cœur s’est brisé en parlant avec un grand-père qui demandait de venir couper les arbres chez nous afin de gagner quelques sous. Il m’était impossible de lui répondre positivement, car nous n’accueillons plus personne d’extérieur dans la maison. 

« Traverse ma fille, traverse » (Christiane Singer).

Alors, avec vous, nous traversons, nous avançons sans trop savoir ce dont demain sera fait, mais avec courage et espérance. Gardons tous l’espérance.

Au nom de tous, je vous embrasse affectueusement,


Sophie de Jésus


Fiorettis de la Vie, confinement à l’École de Vie !

« Edna, n’oublie pas ton masque (car ici tout le monde en porte !) ! Tu toussais un peu ce matin »

« Jinky, merci pour la tisane de gingembre et citron »

« Alexandra, ton Messenger s’affiche, c’est l’école qui envoie des messages »

Et pendant ce temps sur mon portable, d’autres messages clignotent et s’accumulent :

Rona (ancienne jeune fille de l’Ecole de Vie) : « Sister, j’ai tout ce qu’il faut. Dès que je le peux, je vous fais parvenir six sacs de riz pour la mission » ...Wow…

Joana: « Sister, as-tu pris tes vitamines ? Ce sont les personnes âgées qui meurent » …Grrr…

Autre fioretti : « Finalement, Lou ne peut plus venir. Elle a été en contact avec une personne atteinte du coronavirus il y a 8 jours. 4 salariés doivent être mis en quarantaine » … Glups …

Thibault et Marie : « Sister vous avez besoin de quelque chose ? Une commande Lazada arrive dans la journée. » … Trop cool…