Newsletter

Des Philippines à Marseille : la force du témoignage

Newsletter octobre 2026 - Diane et Maria à la rencontre des jeunes accompagnés par ACAY France. Et si le meilleur moyen de redonner espoir à un jeune en difficulté était de lui présenter quelqu'un qui a eu la même histoire et qui s’est relevé ? C'est tout le sens des échanges interculturels qui font partie de l'ADN d'ACAY depuis toutes ces années.

Et si le meilleur moyen de redonner espoir à un jeune en difficulté était de lui présenter quelqu’un qui a eu la même histoire et qui s’est relevé ?

C’est tout le sens des échanges interculturels qui font partie de l’ADN d’ACAY depuis toutes ces années : d’un côté, des jeunes Philippins viennent témoigner en France ; de l’autre, des membres d’ACAY France se rendent parfois aux Philippines pour découvrir la mission sur place.

En juillet dernier, l’équipe a eu la joie d’accueillir à Marseille Diane et Maria*, toutes deux passées par l’École de Vie. Pendant deux semaines, elles ont partagé leur histoire auprès de nos jeunes en détention et dans le cadre de notre parcours de prévention auprès de jeunes filles de la protection de l’enfance et d’élèves de SEGPA**.

Au-delà du partage d’expérience, ces rencontres ouvrent des horizons : elles montrent à nos jeunes qu’une autre culture, une autre réalité de vie existent aux Philippines, et surtout, qu’il est possible de s’en sortir malgré les épreuves. Dans cette interview, Diane et Maria reviennent sur les moments qui les ont marquées.

Pourquoi était-il important pour vous de venir en France partager votre témoignage ?

MARIA – Je pense que certains ont vécu des choses similaires (abus, violences intrafamiliales, addictions, etc.) et qu’ils pourront se reconnaître dans mon histoire ou y trouver de l’espoir. Et puis, pour moi aussi, raconter ce que j’ai vécu est une manière de continuer à guérir.

DIANE – Avec le recul, je me rends compte que partager mon expérience peut, je l’espère, encourager certains jeunes. Témoigner, c’est aussi leur montrer qu’il est possible d’avancer et de faire des choix qui sont bons pour eux.

Quelle réaction ou quel moment avec les jeunes vous a le plus touchées ?

MARIA – Après mon témoignage, plusieurs jeunes sont venus me remercier. Ils m’ont dit que mon histoire les avait inspirés. Ils ont pris le temps de discuter avec moi, de me poser des questions… J’ai senti qu’ils étaient vraiment à l’écoute et que mon témoignage avait eu un impact. Ça m’a rendue très heureuse.

DIANE – J’ai été très touchée par leur curiosité. À travers leurs questions, j’ai réalisé que, même si nos vies sont différentes, les jeunes en France et aux Philippines partagent les mêmes préoccupations et vivent les mêmes émotions.

Qu’aimeriez-vous que les jeunes retiennent de votre témoignage ?

MARIA – J’aimerais qu’ils comprennent que notre passé ne nous définit pas. Même après des épreuves difficiles, il est toujours possible de retrouver confiance, de se relever et de continuer à avancer. Peu importent les difficultés qu’ils traversent aujourd’hui, elles ne détermineront pas leur avenir. Je voudrais aussi leur dire qu’ils ne sont pas seuls. Il y aura toujours quelqu’un qui se soucie d’eux, parfois même une personne qu’ils ne connaissent pas encore.

Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Que ce soit à un proche ou à quelqu’un en qui l’on a confiance, parler est toujours une bonne chose. J’espère que mon histoire pourra leur donner de l’espérance.

DIANE – J’aimerais qu’ils comprennent que, où que l’on vive, les jeunes peuvent traverser des traumatismes ou des périodes difficiles. Je leur dirais aussi que les difficultés font partie de la vie. Elles existent quand on est jeune, mais aussi plus tard, à l’âge adulte ou dans la vie professionnelle. Le plus important est de se rappeler que l’on n’est jamais seul. Il y a toujours des personnes prêtes à nous soutenir. Si quelqu’un nous tend la main, il ne faut pas avoir peur d’accepter cette aide. C’est souvent grâce au soutien des autres que l’on trouve le courage d’avancer et de faire des choix qui nous aident à grandir.

Avez-vous remarqué des points communs entre ACAY France et ACAY Philippines ?

DIANE – Lorsque nous avons rencontré les jeunes ici, j’ai retrouvé la même ambiance qu’à l’École de Vie aux Philippines. Nous partageons les mêmes valeurs et la même manière d’accompagner les jeunes. La principale différence vient surtout du contexte et du mode de vie de chaque pays.

2 souvenirs qui ont marqué leur séjour :

– La visite de Notre-Dame de la Garde avec Juliette et Célia* (jeunes accompagnées en milieu scolaire). “Même si nous ne parlions pas la même langue et que la communication n’était pas facile, nous avons passé un beau moment ensemble” – MARIA

– Le témoignage de Sofia* (jeune accompagnée par ACAY France en détention et à sa sortie) “Elle nous a raconté son parcours, notamment son passage en prison. Quelle femme courageuse ! J’ai trouvé son histoire incroyablement forte” – DIANE

*Le prénom a été modifé pour préserver l’anonymat de la jeune

**SEGPA : section d’enseignement général et professionnel adapté

Maria, ancienne jeune de l’École de Vie : Elle vient de quitter le programme et suit maintenant une formation pour devenir assistante sociale.

« Raconter ce que j’ai vécu est une manière de continuer à guérir. »

Diane salariée d’ACAY Philippines : Passée par l’École de Vie, elle accompagne aujourd’hui à son tour les jeunes à Manille.

« Témoigner, c’est leur montrer qu’il est possible d’avancer. »

Raconter ce que j'ai vécu est une manière de continuer à guérir.

— Article de Lili Sall, volontaire en service civique, ACAY France
Partager

Vous aussi, agissez à nos côtés

Faire un don, parrainer une jeune fille ou devenir volontaire : il existe une façon d’agir pour la jeunesse, aux Philippines et en France.

Agir avec nous